La pierre de Lattes, " Lots ", est découverte par l'archéologue Henri Prades, au niveau étrusque au milieu de documents archéologiques, en 1980. Elle est exposée - à l'envers - au Musée Henri Prades à Lattes depuis dix ans. Des archéologues professionnels, faisant autorité, considèrent cette curiosité comme un simple " graffiti " (sic !) - "graffiti" non au sens d'une étude étymologique de paléontologue, mais bien accompagné de la moue compétente signifiant gribouillage, "tag", bref un barbouillage. Nous prenons la peine de la lire pour ce qu'elle est : une écriture archaïque.


Quelque part Prades parle du galet étrusque de lattara du VIIe avant à la noël 1980, il écrit :
"C'est la présence d'un étonnant galet de 2,400 kg soigneusement limé et bouchardé, portant un énigmatique signe sur lequel pour l'instant, personne n'a pu fournir la moindre explication. En d'autres temps, les imaginations se seraient débridées. Il est plus sage d'attendre qu'on nous donne le temps de faire connaître ce document dans tout le bassin méditerranéen, il serait très surprenant qu'on n'ait pas trouvé ailleurs un frère de ce galet".


Pour lui, le galet portait une inscription correspondant à l'ancien nom du lez, ses signes étaient ceux d'une écriture. Il n'était pas le temps d'approfondir ses intuitions savantes, car il fallait défendre le site, fouiller, se battre contre les promoteurs zélés, pour la création d'un musée, et par la suite pour sa propre survie en tant qu'archéologue amateur, en guerre contre l'abus de pouvoir des instances archéologiques, la DRAC locale qui lui interdisait de fouiller.

Cette pierre ouvre la voie à une recherche méthodique, logique et rationnelle, démontrée par des faits parfois connus. Cependant, le chemin que nous empruntons en emboîtant les pas de Prades reste pavé de traces non révélées, de bornes non questionnées par le passage de l'habitude, croisé aussi de sentes mystérieuses mais prêtes à livrer leur secret au chaland curieux. L'écriture utilise des signes présents dans l'alphabet phénicien constitué vers les XIVe-XIe siècles avant J.-C. La sonorité révèle des influences entre les systèmes d'écriture vigoureux à l'époque autour de la Méditerranée. Des peuplades sémitiques semi-nomades s'installent en Syrie-Palestine vers cette période. Elles adoptent l'alphabet phénicien, celui qui devient le modèle méthodologique du syriaque, de l'araméen, de l'hébreu biblique, de l'arabe classique, du grec ancien...

Le sens du mot tracé sur ce gros galet de 2400 grammes restait une énigme jusqu'à ce jour. Mais l'histoire de l'écriture antique nous donne l'idée de comparer les signes phéniciens et étrusques. Cela donne : un L, un O, une lettre sifflante Ts. Il y a aussi deux points dont nous ne trouvons pas de correspondance, et un trait qui peut représenter une voile de bateau. Voici le schéma comparatif des lettres gravées : "Lots" ! Le mot chante, promesse mystérieuse faite il y a 27 siècles ! La curiosité nous titille gentiment dans ce mois d'octobre tranquille de l'an presque 2000. Nous trouvons le mot correspondant à cette sonorité dans le Livre d'Isaïe…

Danielle Prades

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